Vue de loin, Forest City donne l’impression d’un décor figé : immeubles modernes, marinas impeccables, avenues surdimensionnées… mais presque personne dans les rues. Pourtant, cette ville construite pour 700 000 habitants n’est pas totalement vide. Entre 2 000 et 9 000 personnes y résident encore, à l’année.
Loin de l’image d’une cité abandonnée, Forest City abrite une population discrète, hétérogène, souvent absente des récits médiatiques. Qui sont réellement ces habitants qui ont choisi – ou accepté – de vivre dans l’une des villes les plus vides du monde ?
Les employés indispensables au fonctionnement minimal de la ville
Une partie significative des résidents de Forest City travaille directement pour le site lui-même. Il s’agit de techniciens, agents de maintenance, personnels de sécurité, jardiniers, équipes de nettoyage et employés chargés de l’entretien des infrastructures.
Même avec peu d’habitants, une ville de cette taille nécessite un fonctionnement permanent : éclairage public, ascenseurs, réseaux d’eau, systèmes de sécurité, surveillance des bâtiments inoccupés. Ces travailleurs vivent souvent dans des logements fournis par leur employeur ou loués à des tarifs très inférieurs aux prix initiaux.
Pour eux, Forest City n’est pas un lieu de prestige, mais un environnement de travail calme, stable et relativement isolé.
Les expatriés attirés par le calme et la proximité de Singapour
Parmi les résidents figurent également des expatriés, notamment asiatiques, européens ou moyen-orientaux. Certains travaillent à Singapour mais résident à Forest City pour réduire leurs coûts de logement.
Le contraste est saisissant : une ville ultramoderne, des appartements spacieux, une vue sur la mer, et une densité humaine extrêmement faible. Pour certains profils, ce cadre représente un avantage : peu de bruit, peu de circulation, peu de pression sociale.
Cependant, cette tranquillité a un revers. La rareté des commerces ouverts, l’absence d’animation et la dépendance à la voiture rendent le quotidien moins pratique que dans une ville classique.
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Les retraités en quête d’un cadre paisible et peu coûteux
Forest City attire aussi un petit nombre de retraités, principalement étrangers. Ils profitent de loyers fortement revus à la baisse, de logements récents et d’un environnement sécurisé.
Ces résidents apprécient les infrastructures neuves, la présence de gardiens, les promenades en bord de mer et l’impression de vivre dans une résidence géante plutôt que dans une ville traditionnelle.
En revanche, l’accès aux soins, aux services spécialisés et aux activités sociales reste limité, obligeant souvent à se déplacer hors du site pour les besoins essentiels.
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Quelques familles locales, minoritaires mais bien présentes
Contrairement à une idée répandue, Forest City n’est pas habitée uniquement par des étrangers. Certaines familles malaisiennes y vivent également, souvent pour des raisons économiques ou professionnelles.
Les prix ayant chuté, certains logements sont devenus accessibles à une frange de la population locale, notamment des employés du secteur immobilier ou des services. Toutefois, l’absence d’écoles pleinement opérationnelles, d’infrastructures culturelles et de vie communautaire freine l’installation durable de familles avec enfants.
Pour ces foyers, Forest City ressemble davantage à un quartier résidentiel isolé qu’à une véritable ville.
Les investisseurs devenus résidents par défaut
Une autre catégorie d’habitants est composée d’investisseurs immobiliers qui, faute de pouvoir revendre ou louer leur bien, ont fini par l’occuper eux-mêmes.
Initialement achetés comme placements, certains appartements sont devenus des résidences secondaires, voire principales. Ces propriétaires vivent souvent entre deux pays, occupant leur logement de manière intermittente.
Cette présence irrégulière contribue à l’impression de vide : des immeubles allumés le soir, mais très peu de mouvement en journée.