Dans plusieurs régions françaises, des groupes itinérants venus d’Europe de l’Est, notamment de Roumanie, sont impliqués dans des séries de cambriolages méthodiques. Leur méthode repose sur une phase de repérage discrète mais bien structurée, qui permet d’identifier les maisons les plus simples à cibler. Ces opérations préalables laissent parfois des traces visibles. Savoir les reconnaître peut permettre d’éviter une effraction.
Marquages codés sur les portails et murs extérieurs
L’un des signes les plus courants est l’apparition de symboles tracés à la craie, au feutre ou au stylo sur les boîtes aux lettres, les clôtures, les murs ou les interphones. Ces inscriptions ont une valeur codée pour les groupes de cambrioleurs :
- Un X ou un triangle peut signaler qu’une maison est vide en journée.
- Une croix barrée indique souvent que le logement est occupé en permanence ou trop risqué.
- Le chiffre “1” ou “2” peut désigner le nombre d’habitants repérés.
- Un rond ou un point signifie parfois la présence d’un système de sécurité ou d’un chien.
Ces symboles, souvent petits et discrets, peuvent passer inaperçus. Il est donc important d’inspecter régulièrement les accès extérieurs visibles depuis la rue.
Objets placés intentionnellement dans les accès
Outre les marquages, certains groupes utilisent une autre méthode de test : placer de petits objets dans les interstices des portails, portes ou portillons pour vérifier si quelqu’un les déplace.
Parmi les techniques observées :
- Brindilles, bouchons ou morceaux de plastique glissés dans les montants des portes.
- Élastiques ou fils noués autour des poignées de portails.
- Papier plié ou prospectus sans nom coincés discrètement dans les cadres de fenêtres ou les boîtes aux lettres.
Si ces éléments restent en place pendant 24 à 48 heures, cela indique aux cambrioleurs que la maison est inoccupée, ce qui renforce le risque d’intrusion.
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Marquage de reconnaissance via les faux démarchages
Certains individus se font passer pour des vendeurs ambulants, des collecteurs de dons, ou même des agents de recensement. L’objectif est souvent de :
- Observer la configuration du domicile depuis l’entrée ;
- Vérifier la présence d’un système de sécurité ;
- Identifier les habitudes de présence des occupants (heures de sortie, réponses à l’interphone, etc.) ;
- Parfois même, de glisser un marquage discret (autocollant, trace, coup de feutre) en quittant les lieux.
Il est recommandé de ne jamais faire entrer un inconnu, même en journée, et de ne jamais divulguer d’information sur les horaires ou les absences prévues.
Véhicules suspects : un autre indice à ne pas négliger
Les groupes organisés ne se déplacent jamais au hasard. Ils utilisent souvent des véhicules banalisés, fréquemment immatriculés dans d’autres pays européens (Roumanie, Bulgarie, Pologne). Ces voitures ou utilitaires :
- Stationnent plusieurs heures ou jours d’affilée dans des zones résidentielles sans justification.
- Sont parfois repérées près de différents domiciles à quelques rues d’intervalle.
- Sont souvent utilisées pour effectuer un repérage simultané de plusieurs logements.
Photographier les plaques d’immatriculation et signaler toute présence suspecte à la gendarmerie peut permettre de prévenir une série d’effractions dans le quartier.
Que faire si vous identifiez un signe suspect sur votre propriété
Si vous découvrez un marquage ou un objet suspect sur votre portail, boîte aux lettres ou mur, voici les bonnes pratiques :
- Photographiez immédiatement la trace ou l’objet sans le nettoyer.
- Notez la date, l’heure et le lieu exact de l’observation.
- Signalez l’information à la gendarmerie ou au commissariat, surtout si d’autres voisins ont observé des signes similaires.
- Parlez-en avec votre voisinage via un groupe local ou un réseau de vigilance (type Voisins vigilants).
Dans les communes les plus exposées, des opérations de surveillance coordonnées avec les forces de l’ordre ont permis de stopper ces groupes, parfois avant qu’un seul vol ne soit commis.
